vendredi 6 juin 2008

Démocratie & Socialisme (FILOCHE Gerard)

D&S existe depuis quinze ans et a été l’essentiel de ce temps le mensuel de la Gauche socialiste. Son comité de rédaction publie cette revue pour animer le débat d’idées, et mener les campagnes nécessaires pour ancrer à gauche le Parti socialiste. D&S veut mobiliser les militants socialistes pour rénover le parti, en faire un véritable instrument démocratique d’action pour la transformation sociale. D&S veut l’unité de toute la gauche. D&S veut l’unité syndicale.
Après le 21 avril et lors de la préparation du Congrès de Dijon 2003, ses animateurs et militants abonnés se sont partagés entre les motions « Nouveau parti socialiste » et « Nouveau monde » : ils ont agi pour le rapprochement politique des deux courants et pour que l’orientation du parti se tourne vers le mouvement social.
D&S a milité, a contribué puis s’est félicité de la fusion entre "Nps" (Benoît Hamon Thierry Mandon, Arnaud Montebourg, Béatrice Patrie, Christian Paul, Vincent Peillon, Barbara Romagnan, Yvette Roudy) et "Alternative socialiste" (Jean Jacques Chavigné, Pascal Cherki, Henri Emmanuelli, Marc Dolez, Gérard Filoche, Jacques Généreux, Jean Pierre Masseret, Louis Mexandeau, Germinal Peiro, Isabelle Thomas, Eric Thouzeau Michel Vergnier...) estimant qu’elle était un pas pour une forte gauche du Parti socialiste, capable de peser sur lui...
D&S militait aussi pour le rapprochement avec la motion 2, de façon à tirer les enseignements du "non" du 29 mai, dans et hors le Parti socialiste.
Mais la “synthèse” du congrès du Mans a été imposée en novembre 2005 contre plus de 80 % des adhérents, militants de la motion 5, et contre un grand nombre de militants de la motion 2, décevant les efforts et les volontés agissant et convergeant depuis plus d’une décennie dans le sens d’une forte gauche socialiste ancrant le parti à gauche, en liaison avec le mouvement social.
D&S avec Force militante ont refusé cette synthèse, proposé un accord avec les amis d’Arnaud Montebourg, qui l’ont refusé le 11 janvier 2006...
Dés lors, le courant FM-D&S a fusionné, s’est constitué, rassemblant les forces éparses de la gauche socialiste, et reconstruisant une gauche des socialistes capable de tirer les leçons du 21 avril 2002, du 29 mai 2005 et des mouvements sociaux de 2003 (retraites...) à 2006 ( Cpe...)

Voici, en douze points, les références principales de D&S :

*Pour la mondialisation des droits opposée à la globalisation libérale, inégalitaire, opposée à la marchandisation de l’ensemble des biens et activités humaines.
*Pour un internationalisme, « un autre monde » respectueux de l’égalité entre les peuples et les humains, de la démocratie, de la paix, des droits des travailleurs.
*Pour la protection de l’écosystème planétaire, pour un développement durable. Pour mobiliser contre les guerres « préventives » du gouvernement nord-américain, contre ses coups de force impérialistes.
*Pour une gouvernance mondiale pluraliste avec une Onu rénovée, démocratisée, ou l’OIT, l’OMS, l’OME aient des pouvoirs réels qui s’imposent à l’Omc.
*Pour une Europe sociale, démocratique et fédérale, dont l’élargissement, les institutions soient conditionnés au respect des droits sociaux, démocratiques (salaire minimum européen, droit du travail aligné par le haut,...), et de la laïcité, par opposition à un vaste marché déréglementé, libéral, marchand, et bancaire.
*Pour la défense et l’extension de l’ensemble de nos services publics, santé, école, équipements collectifs, transports, communications, énergie, le refus de l’ouverture d’EDF au capital privé, le retour de France Telecom dans le domaine public, la nationalisation de l’eau. Pour la défense et l’extension de nos acquis sociaux par une politique de redistribution des richesses et de combat contre les inégalités.
*Pour une réforme de la fiscalité républicaine directe et progressive, contre les taxes indirectes et injustes socialement. Pour la priorité au recul du chômage de masse, pour que la réduction de la durée du travail à 35 h hebdomadaires sans perte de salaire soit étendue à tous les salariés du public et du privé, avec embauches correspondantes, et avec amélioration et respect des lois du travail face au marché.
*Pour une hausse des salaires directs et indirects, à commencer par le Smic, sur lequel les minima conventionnels doivent être alignés, et permettre des progressions du pouvoir d’achat par des « conférences annuelles » sur les salaires.
*Pour que la volonté politique l’emporte sur l’économie et l’être humain sur l’argent, pour que la puissance publique se dote des moyens de dire « stop » aux licenciements abusifs et boursiers.
*Pour que nos retraites par répartition à 60 ans, à taux plein, soient protégées et renforcées, pour l’abrogation des mesures Balladur, les 37,5 annuités pour tous afin que l’égalité public-privé soit restaurée et que le montant des pensions par répartition soit maintenu à un taux de 75 % garanti, calculé sur les 10 meilleures années, indexée sur les salaires, pour ne pas laisser de place aux fonds de pension par capitalisation.
*Pour la démocratie sociale le contrôle des syndicats sur la gestion des cotisations sociales, le retour à de véritables élections démocratiques aux Caisses de protection sociale.
*Pour une règle majoritaire dans la signature d’accords de branche ou d’entreprise, pour une redéfinition démocratique des critères de représentativité, de financement des syndicats, des droits nouveaux (droit de veto) pour les institutions représentatives du personnel.
*Pour une lutte contre les ghettos, la misère sociale, l’insécurité libérale, qui sert à désocialiser les pauvres en les faisant vivre dans la peur des violences de toutes sortes, pour le démantèlement des zones de non-droit, pour la lutte contre les accidents du travail et de la route, la destruction du tissu social, associatif, et pour une politique de « sécurité sociale globale » incluant tous les éléments d’éducation, de prévention, et de fermeté nécessaires.
*Pour une remise en cause des institutions antidémocratiques de la Ve République, un régime authentiquement parlementaire, une VIe « République sociale », la réhabilitation de la politique et de la citoyenneté, contre la concentration des médias et des biens culturels, pour un système électoral plus juste et proportionnel, la limitation des mandats en nombre et en durée, la parité femmes-hommes réelle. Contre une décentralisation qui sert au démantèlement de la République en réduisant le domaine de la loi républicaine par la contractualisation des rapports entre les collectivités locales et avec l’État.

D&S avec Forces militantes ont contribué au mouvement massif contre le Cne et le Cpe, dés le début, et pendant toute la période des grandes mobilisations de février-avril 2006. La victoire sociale contre Chirac-Villepin-Sarkozy en avril 2006 confirme que la victoire plus large contre le libéralisme est à l’ordre du jour.

Source : http://www.democratie-socialisme.org

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